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Qui aurait pu croire, après des
années de croissance du tout-prêt, des fast foods et autres repas vite
faits, vite avalés, que l’alimentation pouvait reprendre de l’importance
aux yeux des consommateurs ?
Depuis quelques années, le bio, le
retour à des valeurs authentiques, l’augmentation du temps libre ont remis
la cuisine maison ainsi qu’une alimentation plus saine et plus savoureuse
au goût du jour. Normal alors que le design y mette… son grain de
sel.
Quand l’industrie n’offre que des
plats formatés, et que même la bonne bouffe se suffit à elle-même, les
consommateurs demandent du changement : du bon, oui, mais du beau
bon.
Le design devient donc moteur
d’innovations dans l’industrie alimentaire, et le champ des possibles est
immense ! Faire intervenir le design dans l’alimentation, c’est
travailler à la croisée des sciences, de la recherche, des productions
industrielles ou artisanales.
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Mais ici, le design ne se limite
pas à la simple « mise en forme d’objets industriels ». Quand il
se mange, le design devient une rencontre entre les métiers de la bouche
et les métiers artistiques : une discipline qui fait intervenir les 5
sens. La matière comestible est en effet une
formidable source d’inspiration pour le designer : richesse des
textures, des couleurs... En alliant les 5 sens, le designer donne du sens
au sensible.
L’enjeu est de faire intervenir
l’onirique là où tout était jusqu’à présent concret. L’acte de manger
devient non plus un acte élémentaire de survie, mais une expérience
sensorielle, qui se joue dans l’alliance du Bon et du Beau. Donner du sens
au Bon, quel meilleur programme ?
Quand l’imaginaire vient se mêler
à l’alimentaire, alors on peut l’affirmer : la création ne connaît
pas de limites !
Caroline MICHEL - Institut
Français du
Design |