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Matali CrassetQuelles sont aujourd’hui vos fonctions ?
C’est une question que j’ai un peu du mal à “entendre” car elle évoque une notion de hiérarchie qui m’est étrangère. Ce que je fais : je suis designer industriel de formation. J’ai créé en 1998 ma structure et je travaille sur des projets très variés, du design industriel à la scénographie, du graphisme à l’architecture, du mobilier à des interventions dans l’art…
Je prends du plaisir à cette variété et elle m’est indispensable. J’ai choisi d’avoir une structrure très petite autour de laquelle gravitent quelques électrons, ce qui n’empêche nullement de générer des projets ambitieux. 

Quelles ont été les différentes étapes de votre parcours professionnel ?
Diplômée des ateliers en 1991, je suis allée dans un premier temps travailler avec Denis Santachiara pendant 6 mois. Denis m’a montré qu’il n’y avait pas de rupture entre l’école et le travail en “agence”, que la qualité de la recherche et le développement pouvaient être les mêmes à la condition d’en faire un choix de vie. Je n’ai jamais compris cette supposée séparation entre des projets commerciaux et d’autres : tout projet a son potentiel quand on le regarde sous le bon angle.

De retour à Paris, j’ai travaillé pendant cinq ans avec Philippe Starck.  J’ai été responsable du centre design de Thomson Multimédia quand Starck assurait la direction artistique. Une période de bonheur.

Puis j’ai crée ma structure en 1998. 

Selon vous, quelles qualités personnelles faut-il développer pour exercer le métier de designer ?
La curiosité avant tout pour être en veille culturelle, technologique. 

Considérez-vous que l’enseignement qui vous a été donné vous préparait bien à votre métier ?
Oui, la qualité de l’enseignement aux Ateliers était excellente parce que le cursus était individualisé. Il n’y a pas une pratique unique de ce métier. Chacun doit trouver ses marques tant dans la métholodogie que les outils de représentation… Le designer est amené à s’ouvrir à des champs de connaissance très différents donc le métier de designer est dans la perpétuelle remise en cause.

Quelles améliorations pourraient y être apportées au profit des jeunes générations ?
Le design apparaissant comme un mode. Y aura-t-il des postes pour tous ces jeunes designers formés par tant d’écoles, je pense que c’est une illusion auquelles beaucoup doivent se préraper. Et puis le design ne se passe pas dans les pages des magazines, mais d’abord dans sa tête.

Pour ces prochaines années, quelles aptitudes faudra-t-il particulièrement développer ?
Pour ma part, je veux rester comme que je travaille actuellement.
Etre ouverte, à tout.
Plus que jamais la flexibilité, l’adaptabilité.