Quelles
sont aujourd’hui vos fonctions ?
Trends & Views manager,
responsable du département de tendances intégré de Décathlon
design.
Quelles ont été les différentes étapes de votre parcours
professionnel ?
Après une formation de designer
textile à l’ENSAD paris ( école nationale supérieure des arts décoratifs ), j’ai
rejoint le bureau de style Peclers Paris, puis Thierry Mugler au département
recherche textile, couleur et matières.
Après quatre années au sein de la couture et haute couture, j’ai
décidé de rejoindre l’industrie. J’ai pris la direction design du
département textile de la société Tarkett Sommer, division revêtement de sol du
groupe Sommer Allibert et développé les échanges avec la division automobile du
groupe.
Appelée en 2001 par Philippe
Picaud, j’ai rejoint la direction design de Décathlon et pris la direction du
département «Trends & views », dont la mission est de d’anticiper,
d’identifier, de définir les tendances émergeantes. Une analyse plurisectorielle permet
d’éclairer et de mettre en perspective nos recommandations et partis pris
produits au travers de différents outils et méthodologies d’aide à la
décision.
Selon vous, quelles qualités personnelles faut-il développer pour
exercer le métier de designer ?
Le métier de designer est avant tout
un métier de passion et de passionnés, de partage et de
communication.
Il demande une grande générosité puisqu’il est avant tout dédié et
inspiré par l’Humain. Il requiert également de l’intelligence émotionnelle, de
la sensibilité, un bon esprit d’anticipation et d’analyse. Sa grande curiosité
ne doit pas l’empêcher de s’exprimer à travers des résultats
concrets.
Le designer se doit de générer de la valeurs ajouté, palpable pour
l’utilisateur en améliorant son quotidien, et pour l’entreprise en soutenant une
activité concurrentielle.
Considérez-vous que l’enseignement qui vous a été donné vous
préparait bien à votre métier ?
L’enseignement permet d’acquérir les
fondamentaux du métier de designer. Mais c’est à lui qu’il appartient de
construire et de réinventer quotidiennement son expertise en fonction des
problématiques rencontrées. Une grande faculté d’adaptation et de projection
s’assimile au fur et à mesure des rencontres et de l’expérience
acquise.
Quelles améliorations pourraient y être apportées au profit des
jeunes générations ?
D’être plus en contact avec les
entreprises, pour acquérir une meilleure connaissance des process liés aux
expertises connexes.
Plus de connaissance sur la valeur stratégique du
design.
L’intégration des évolutions
socio-comportementales.
Une réflexion sur la mesure de la
performance du design.
Intégrer des professionnels dans les
réflexion d’évolution des cursus.
Pour ces prochaines années, quelles aptitudes faudra-t-il
particulièrement développer ?
Un designer « universel »,
une aptitude à la mobilité, pluridisciplinaire.
Ne pas avoir peur de remettre en
cause les acquis.
Des aptitudes de stratège et de chef de
projet.
Se positionner comme fédérateur d’expertises.