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Jean-Michel Policar par Thomas DuvalQuelles sont aujourd’hui vos fonctions ?
Designer, tout simplement, et responsable de la communication du Tim Thom.
après m’être impliqué dans les études couleurs et matériaux, et dans la stratégie design des marques, j’ai souhaité me consacrer à nouveau à la création et au dessin des produits.
Le Tim Thom a toujours revendiqué la particularité d’être une plateforme ouverte aux multiples expériences. Les designers intégrés conservent une liberté d’expression en dehors de l’entreprise, ce qui enrichit leur expérience et les maintient dans une sorte “d’ébullition”.


Quelles ont été les différentes étapes de votre parcours professionnel ?
Ma première immersion dans le milieu professionnel fût un stage chez Renault, et ma rencontre avec Jean-Paul Manceau déterminante dans mon engagement en faveur du design intégré.  
Puis j’ai eu la chance de rencontrer Philippe Starck et de rejoindre le Tim Thom.
C’était une nouvelle école après l’école; une totale remise en question, et une grande liberté d’expression, et la revendication d’un design “intuitif”.
Parallèlement avec Elsa Francès, dans le cadre des Appels Permanents de VIA, nous avons développé des prototypes de luminaires, opérant une “transition douce” de notre expérience cultivée au Tim Thom vers de nouveaux territoires.
Gérard Laizé et Michel Bouisson ont cru en nos projets, et permis de créer de nouvelles typologies d’objets, dont certains sont éditées par Ligne Roset.
Plus récemment, ma rencontre avec le groupe Fournier qui m’a proposé d’imaginer un concept de mobilier de salle de bain pour la marque Delpha m’a ouvert à d’autres horizons.


Selon vous, quelles qualités personnelles faut-il développer pour exercer le métier de designer ?
Je ne puis me retenir de dire que le designer se doit d’être un peu agitateur!
Notre atout est de transformer chaque chose en idée; Dans l’entreprise, c’est un microcosme très particulier, une bulle de décompression, qui autorise un dialogue sur un autre mode. Savoir cultiver sa différence pour traduire les besoins de l’entreprise est à mon sens une qualité essentielle du designer.

Considérez-vous que l’enseignement qui vous a été donné vous préparait bien à votre métier ?
Je dirais que nous avons été culturellement préparé à notre métier: avoir un cerveau “élastique”, curieux et étonné. Les outils, et le contexte économique sont les composantes (heureusement!) en permanente (r)évolution, et remettent les méthodes en question.
L’approche sociétale et politique sont déterminantes dans les stratégies design à adopter, et le designer d’une certaine manière s’exprime sur ces terrains.

Quelles améliorations pourraient y être apportées au profit des jeunes générations ?
Je crois qu’il faut davantage sensibiliser aux valeurs de l’humain, et aux cultures.
De nombreuses écoles le mettent en pratique, au travers de workshops ou d’échanges.
Au-delà de ça je pense qu’intégrer les sciences de l’homme, se rapprocher de la médecine, et de la psychologie reste à développer.

Pour ces prochaines années, quelles aptitudes faudra-t-il particulièrement développer ?
L’éthique certainement. Le design peut désormais être considéré à part entière comme un acteur de la culture au sens large, et bien au delà du décoratif. Nous avons construit cette étape, il faut maintenant engager notre responsabilité, apporter du plaisir ou du réconfort, de l’étonnement ou de la justesse, en étant conscient du respect de l’environnement, des individus et des idées