Quelles
sont aujourd’hui vos fonctions ?
Designer, tout simplement, et responsable de la communication du Tim
Thom.
après m’être impliqué dans les études couleurs et matériaux, et dans la
stratégie design des marques, j’ai souhaité me consacrer à nouveau à la création
et au dessin des produits.
Le Tim Thom a toujours revendiqué la
particularité d’être une plateforme ouverte aux multiples expériences. Les
designers intégrés conservent une liberté d’expression en dehors de
l’entreprise, ce qui enrichit leur expérience et les maintient dans une sorte
“d’ébullition”.
Quelles ont été les différentes étapes de
votre parcours professionnel ?
Ma première immersion dans le milieu professionnel fût un stage chez
Renault, et ma rencontre avec Jean-Paul Manceau déterminante dans mon engagement
en faveur du design intégré.
Puis j’ai eu la chance de rencontrer
Philippe Starck et de rejoindre le Tim Thom.
C’était une nouvelle école
après l’école; une totale remise en question, et une grande liberté
d’expression, et la revendication d’un design “intuitif”.
Parallèlement avec
Elsa Francès, dans le cadre des Appels Permanents de VIA, nous avons développé
des prototypes de luminaires, opérant une “transition douce” de notre expérience
cultivée au Tim Thom vers de nouveaux territoires.
Gérard Laizé et Michel
Bouisson ont cru en nos projets, et permis de créer de nouvelles typologies
d’objets, dont certains sont éditées par Ligne Roset.
Plus récemment, ma
rencontre avec le groupe Fournier qui m’a proposé d’imaginer un concept de
mobilier de salle de bain pour la marque Delpha m’a ouvert à d’autres
horizons.
Selon vous, quelles qualités personnelles faut-il développer pour exercer
le métier de designer ?
Je ne
puis me retenir de dire que le designer se doit d’être un peu
agitateur!
Notre atout est de transformer chaque chose en idée; Dans
l’entreprise, c’est un microcosme très particulier, une bulle de décompression,
qui autorise un dialogue sur un autre mode. Savoir cultiver sa différence pour
traduire les besoins de l’entreprise est à mon sens une qualité essentielle du
designer.
Considérez-vous que l’enseignement qui vous a été donné vous préparait
bien à votre métier ?
Je dirais
que nous avons été culturellement préparé à notre métier: avoir un cerveau
“élastique”, curieux et étonné. Les outils, et le contexte économique sont les
composantes (heureusement!) en permanente (r)évolution, et remettent les
méthodes en question.
L’approche sociétale et politique sont déterminantes
dans les stratégies design à adopter, et le designer d’une certaine manière
s’exprime sur ces
terrains.
Quelles
améliorations pourraient y être apportées au profit des jeunes générations
?
Je crois qu’il faut davantage
sensibiliser aux valeurs de l’humain, et aux cultures.
De nombreuses écoles
le mettent en pratique, au travers de workshops ou d’échanges.
Au-delà de ça
je pense qu’intégrer les sciences de l’homme, se rapprocher de la médecine, et
de la psychologie reste à développer.
Pour ces prochaines années, quelles aptitudes faudra-t-il
particulièrement développer ?
L’éthique
certainement. Le design peut désormais être considéré à part entière comme un
acteur de la culture au sens large, et bien au delà du décoratif. Nous avons
construit cette étape, il faut maintenant engager notre responsabilité, apporter
du plaisir ou du réconfort, de l’étonnement ou de la justesse, en étant
conscient du respect de l’environnement, des individus et des
idées