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Jean-Baptiste Sibertin BlancQuelles sont aujourd’hui vos fonctions ?
Directeur de la Création de la Cristallerie Daum et designer. La nuance que je fais entre direction artistique et directeur de la création est essentiellement dû à la Manufacture que représente Daum. Dans un processus de développement d’environ un an, le directeur de la création se doit d’être le garant de l’évolution positive du projet au regard du contexte industrielle et économique de la Maison. Mas fonction est aussi de bâtir les plans de collections en fonction de thématiques concertées en interne, de gérer le sourcing de nouveaux artistes et designers et de manager l’atelier création Daum de Nancy qui développe l’ensemble des nouveautés.

Quelles ont été les différentes étapes de votre parcours professionnel ?
Ebéniste marqueteur (École Boulle, 1980), j ’ai travaille dans différents ateliers parisiens notamment pour la restauration de meubles XVIIeme, XVIIIeme et Art deco. En 1983, j’intègre l’Ensci. Diplomé en 1987, je rejoins le Taller de Architectura Ricardo Bofill pour concevoir et créer le design mobilier de l’ensemble des programmes architecturaux de l’agence. En 1991, je crée mon studio et développe un travail pour des marques françaises et étrangères, Christofle, Hermès, Lampe Berger, Ligne Roset, Puiforcat, Saint-Gobain, Salviati, Tarket...

En 1999, je suis nommé Directeur de la Création de la Cristallerie Daum pour laquelle je cherche et développe un langage de modernité à partir de la pâte de cristal. 

Selon vous, quelles qualités personnelles faut-il développer pour exercer le métier de designer ?
Un état d’esprit ouvert et attentif à l’évolution du monde d’aujourd’hui. Une curiosité sans limite. Pas de certitudes mais des convictions et être plutôt marathonien que sprinter. 

Considérez-vous que l’enseignement qui vous a été donné vous préparait bien à votre métier ?
Lorsque j’intégre l’Ensci, cette école n’a pas une année d’existence ; elle se cherche et se construit, moi aussi ! C’est une expérience unique et  j’y ai fais des rencontres decisives. J’ai structuré mes raisons de faire ce métier ce qui me semble fondamental. Je pense que les écoles sont aujourd’hui très dynamiques, techniquement et intellectuellement. L’apprentissage le plus complexe demeurera toujours celui de l’intuition, sans laquelle la création ne serait rien.

Quelles améliorations pourraient y être apportées au profit des jeunes générations ?
Le designer conçoit et dessine notre environnement comme l’architecte bati notre cadre de vie. C’est une responsabilité immense quelque soit l’echelle du projet. C’est cette vision qui doit etre au centre du projet éducatif.

Pour ces prochaines années, quelles aptitudes faudra-t-il particulièrement développer ?
Au dela des compétences techniques que ce métier exige, ce sont des aptitudes d’analyses de contextes différents et de synthèses formelles qu’il est important de développer. Ce sont aussi des aptitude à décrypter les valeurs du marketing  au regard de la création pour dialoguer et faire valoir l’éloge de la difference.