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Jean-Baptiste Puyou

Quelles sont aujourd’hui vos fonctions ?
J’exerce une activité de conseil en éco-conception, ou « ecodesign » : intégrer les exigences environnementales à chaque étape du processus de conception des produits (biens ou services)… sans limiter les autres exigences (usage, coût, délais de conception…). La démarche d’éco-conception propose d’explorer toutes les étapes du cycle de vie des produits et d’apporter des améliorations sans déplacer ailleurs les problèmes environnementaux. Attention aux fausses bonnes idées : l’éco-conception n’est pas « l’écolo-design ».

Les entreprises me contactent ou je vais vers elles pour accompagner leur démarche d’éco-conception. Il s’agit essentiellement d’évaluer la performance environnementale de produit existant et de proposer un « brief » pour les nouveaux produits. Ensuite c’est un travail avec les équipes de conception et le marketing pour les choix éco-responsables de matériaux, de techniques de fabrication, ou de filières de fin de vie… jusqu’à la communication aux clients et usagers sur le thème de l’environnement. 

Quelles ont été les différentes étapes de votre parcours professionnel ?
Au cours de mes études en Design Industriel à l’UTC, j’ai eu la chance de passer une année à l’école de design de Montréal où j’ai pris conscience des liens entre activité de conception et environnement.

Cet intérêt pour l’ecodesign m’a conduit au Ministère de l’Environnement pour travailler, pendant presque 2 ans, sur les écolabels et la prévention des déchets d’emballages. Pendant les 6 années qui ont suivies, j’ai travaillé à l’agence O2 France pour développer ses méthodes et son activité de conseil en éco-conception. Depuis 2003 j’exerce cette activité en indépendant, ce qui m’a donné la possibilité de travailler en collaboration avec des designers, des chercheurs en environnement, une entreprise de conseil en innovation, un ergonome,... pourtant je n’ai pas l’impression de me disperser, nous avons des problématiques communes et des approches complémentaires. 

Selon vous, quelles qualités personnelles faut-il développer pour exercer le métier de designer ?
Si ce sont des qualités, et si elles sont personnelles… c’est l’essentiel ! 

Considérez-vous que l’enseignement qui vous a été donné vous préparait bien à votre métier ?
Les enseignants et les intervenants nous préparaient à l’éventualité d’exercer, 10 ans plus tard, un métier très différent de ce que nous apprenions alors. J’ai l’impression d’avoir été bien préparé à cette réalité. 

Quelles améliorations pourraient y être apportées au profit des jeunes générations ?
Peut-être plus d’outils et d’expériences pour comprendre les besoins réels des utilisateurs et des usagers. Si tel était le cas, seuls les produits et services indispensables verraient le jour ! Sans brider le plaisir de consommer, les designers peuvent contribuer à réduire nos impacts sur l’environnement d’un facteur 4, c’est un objectif minimal pour un développement durable. 

Pour ces prochaines années, quelles aptitudes faudra-t-il particulièrement développer ?
Dans le prolongement de la question précédente, renforcer l’aptitude à solliciter des compétences et des approches à la périphérie du champ du design : ergonomie du travail, sociologie, professions de la santé, … et écologie bien sûr. Pour susciter des produits et services de moindre intensité matérielle.