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Claude de Méneval, Président du jury du label Janus depuis 1987
Le Secrétaire d'État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme et des Services met sur le pavois l'Institut Français du Design.

           

 

Institut Français du Design : Claude de Méneval, Vous allez recevoir des mains de Monsieur Hervé Novelli, Secrétaire d'État chargé des Entreprises et du Commerce extérieur, la croix de l'Ordre National du Mérite.

Qu'est-ce qui vous a amené à présider depuis vingt ans le jury de l'Institut Français du Design ?

Claude de Méneval : Vice-Président du Syndicat des lampes électriques et système d'éclairage, j'ai milité très tôt en faveur du beau et de l'efficacité dans le domaine qui était le mien – celui de l'éclairage -. C'est ainsi que j'ai participé à la création d'un appareil d'éclairage mis au point en laboratoire, que j'ai présenté au label de l'Institut. J'ai été remarqué par le président de l'Institut qui m'a demandé de devenir membre du jury.                                                                                                      

De là à le présider, il n'y avait qu'un pas franchi quand le précédent président du jury quittait ses fonctions et les membres du jury m'ont demandé d'animer les sessions de validation de produit d'excellence de l'Institut Français du Design profondément renouvelé lors de l'arrivée de sa nouvelle présidente, Anne-Marie Sargueil.

IFD : De qui est composé le jury ?

CDM : Des meilleurs spécialistes de toutes les disciplines : industrie, santé, architecture, commerce, designers et écoles de design, arts graphiques, emballage, presse technique et spécialisée ; en tout un vivier d'une cinquantaine d'excellents profils, près d’une vingtaine d'entre eux se rendant à chaque convocation pour juger les nouveaux produits.

IFD : Comment s'effectue la recherche des nouveautés labellisables ?

CDM : Les designers et les industriels adressent des projets à l'Institut Français du Design qui examine leur validité avant de les admettre au jury.

IFD : Parlez-nous des réunions de jury.

CDM : Celles-ci ont lieu six fois par an dans des lieux qui ont du sens pour les industriels : Maison de la Mécanique, Fédération du Bâtiment, Fondation EDF, Laboratoire d'Orange, Chambres de Commerce, Unifa,…

Le jury reçoit pendant 45 mn, de cinq à dix entreprises, qui viennent présenter un ou deux produits. Chaque candidat se présente en équipe : l’entreprise (2 à 3 personnes, le directeur général, ou les directeurs marketing et/ou R & D) et le designer. Il n'est pas rare que malgré le premier filtre à l'Institut, certains ne reçoivent pas le label, plus connu sous le nom de Janus, ce dieu aux deux visages symbolisant le passé et l'avenir.
Les industriels mettent en lumière leur cahier des charges, l’environnement concurrentiel, le circuit de distribution et le scénario d’usage ; nous évaluons le respect de ce cahier des charges en cinq critères:

- Esthétique, c'est-à-dire forme et qualité des finitions, coloris et traitement graphique

- Ergonomie : adaptation à l'usage, facilité d'installation et de maintenance

- Économie : degré et pertinence de l'innovation, valorisation de la marque, gains pour l'entreprise et les utilisateurs

- Éthique sociale et environnementale, respect des normes nationales et internationales, développement durable, choix des matériaux, recyclabilité, économie d'énergie

- Émotion : synthèse éloquente de tous les critères, renforcée par une cote de sensibilité, d'étonnement.

 

 

 

 

 

IFD : Quel président êtes-vous?

CDM : Ni dirigiste, ni censeur, mais un animateur, un facilitateur. Les discussions entre membres du jury sont très ouvertes, les questions aux responsables produits pertinentes. Les bulletins de vote dont je fais la synthèse avec ma propre opinion qui ne compte pas plus que celle des autres montrent qu'il règne une parfaite convivialité entre nous.

Les entreprises qui se présentent savent aussi que même si leur produit n'est pas primé, ils auront bénéficié d'une large expertise de notre part. Leurs témoignages montrent que cette rencontre les aide à communiquer différemment sur l’innovation ; en interne et auprès de l’ensemble de leurs publics.

Certains n'hésitent pas à mettre en pratique nos observations, à modifier leur produit et à se représenter devant nous pour obtenir ce Janus qu'ils convoitent.

IFD : De quoi êtes-vous le plus fier?

CDM : D'avoir primé de très beaux produits, qu'ils aient été réalisés par de grands groupes ou des PMI-PME vers lesquelles se porte notre attention puisqu'elles sont plus que jamais les pépinières du tissu industriel en devenir.

Voir les produits labellisés par l'Institut en 2006, 2007 et au premier trimestre 2008

Nous sommes également particulièrement heureux d'être sous l'autorité du ministère de l'Économie à travers sa branche Commerce, PME et Services, qui nous a depuis cinquante ans toujours accompagnés dans notre développement, la plupart des ministres ayant toujours présidé notre réunion annuelle de remise des Janus en présence de nombreux chefs d'entreprises et de personnalités du monde industriel.

IFD : En quoi le Janus pourrait-il apporter de nouvelles perspectives dans les projets du Secrétaire d’Etat ?

Nous développons une expertise croisée entre les grands groupes et les PME à l’export, en faisant connaître tout cce que le design peut apporter aux entreprises pour la rélisation des meilleurs produits en faisabilité, ergonomie, esthétique, économie et environnement.                      

Sur le plan du dépôt de brevet où notre pays n’a pas encore une place prépondérante, l’Institut Français du Design, en remarquant des produits nouveaux, encourage des entreprises à le déposer.