
Institut Français du Design : Claude de
Méneval, Vous allez recevoir des mains de Monsieur Hervé Novelli,
Secrétaire d'État chargé des Entreprises et du Commerce extérieur, la
croix de l'Ordre National du Mérite.
Qu'est-ce qui vous a amené à présider depuis vingt ans le jury de
l'Institut Français du Design
?
Claude de
Méneval : Vice-Président du Syndicat des lampes électriques
et système d'éclairage, j'ai milité très tôt en faveur du beau et de
l'efficacité dans le domaine qui était le mien – celui de l'éclairage -.
C'est ainsi que j'ai participé à la création d'un appareil d'éclairage mis
au point en laboratoire, que j'ai présenté au label de l'Institut. J'ai
été remarqué par le président de l'Institut qui m'a demandé de devenir
membre du
jury.
De là à le
présider, il n'y avait qu'un pas franchi quand le précédent président du
jury quittait ses fonctions et les membres du jury m'ont demandé d'animer
les sessions de validation de produit d'excellence de l'Institut Français
du Design profondément renouvelé lors de l'arrivée de sa nouvelle
présidente, Anne-Marie Sargueil.
IFD : De qui est
composé le jury ?
CDM : Des
meilleurs spécialistes de toutes les disciplines : industrie, santé,
architecture, commerce, designers et écoles de design, arts graphiques,
emballage, presse technique et spécialisée ; en tout un vivier d'une
cinquantaine d'excellents profils, près d’une vingtaine d'entre eux se
rendant à chaque convocation pour juger les nouveaux
produits.
IFD : Comment
s'effectue la recherche des nouveautés labellisables
?
CDM : Les
designers et les industriels adressent des projets à l'Institut Français
du Design qui examine leur validité avant de les admettre au
jury.
IFD : Parlez-nous des
réunions de jury.
CDM :
Celles-ci ont lieu six fois par an dans des lieux qui ont du sens pour les
industriels : Maison de la Mécanique, Fédération du
Bâtiment, Fondation EDF, Laboratoire d'Orange, Chambres de Commerce,
Unifa,…
Le jury reçoit pendant 45 mn,
de cinq à dix entreprises, qui viennent présenter un ou deux produits.
Chaque candidat se présente en équipe : l’entreprise (2 à 3
personnes, le directeur général, ou les directeurs marketing et/ou R &
D) et le designer. Il n'est pas rare que malgré le premier filtre à
l'Institut, certains ne reçoivent pas le label, plus connu sous le nom de
Janus, ce dieu aux deux visages symbolisant le passé et
l'avenir.
Les industriels mettent en lumière leur cahier
des charges, l’environnement concurrentiel, le circuit de distribution et
le scénario d’usage ; nous évaluons le respect de ce cahier des
charges en cinq critères:
- Esthétique, c'est-à-dire
forme et qualité des finitions, coloris et traitement
graphique
- Ergonomie : adaptation à
l'usage, facilité d'installation et de
maintenance
- Économie : degré et
pertinence de l'innovation, valorisation de la marque, gains pour
l'entreprise et les utilisateurs
- Éthique sociale et
environnementale, respect des normes nationales et internationales,
développement durable, choix des matériaux, recyclabilité, économie
d'énergie
- Émotion : synthèse
éloquente de tous les critères, renforcée par une cote de sensibilité,
d'étonnement.