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Institut Français du Design :
l’AFD a-t-elle vocation à être un
syndicat ?
Bruno Lefevre :
Tout d’abord, même
si cela n’apparaît pas dans son nom l’AFD est un syndicat
professionnel, il a été créé sous cette forme
juridique.
IFD : d’abord une initiative des graphistes, l’AFD
est devenue aujourd’hui l’unique organisme représentatif des
professionnels ? | B.L. : Le seul ! Non, il existe
d’autres syndicats, par exemple le syndicat des
designers textile (SNDT) avec lequel nous collaborons. Mais unique,
oui ! Nous rassemblons l’ensemble des métiers du
design.
IFD : Qu’elle soit
présidée par un designer – dit “industriel” - confirme la volonté
d’ouverture et de rassemblement
?
B.L. :
Tout d ‘abord je préfère l’appellation Design Produit ou Design Objet
à design industriel. Ce n’est pas le côté industriel qui nous spécifie
mais plutôt les interactions entre une personne et un objet
tridimensionnel. L’industrie étant alors un outil et une donnée. Pour
revenir à l’AFD, il a été mis en place une présidence tournante par phase
de deux années, après celle de François Caspar (Graphiste) et Béatrice
Gisclard (Espace), « il était écrit » que celle d’un Designer
Produit devait suivre.
IFD : avez-vous des relations avec vos homologues
étrangers ?....
B.L. : Bien
sûr, en Allemagne, Autriche,
Belgique, Danemark, Espagne,
Finlande, Italie, Luxembourg,
Norvège, Pays-Bas, République
Tchèque, Slovénie, Suède pour l’instant !
Surtout nous travaillons à la création de AED, L’alliance européenne des
designers. Beaucoup de décisions se passent maintenant au niveau européen
et il faut donc que les designers soient représentés à ce
niveau.
IFD : l’avenir du
jeune designer : quelle perspective, qu’est-ce qui change aujourd’hui dans
votre métier ?
B.L. :
L’avenir du design est certain, son évolution aussi … Nous sommes
tributaires des évolutions sociologiques, techniques,
environnementales… Notre métier n’a pas fini d ‘évoluer, et il évoluera
de plus en plus vite. Ce qui change pour la génération qui arrive maintenant
c’est la complexité et la spécialisation des métiers du design. Les moyens
techniques pour exercer sont très complexes, comme les produits conçus,
eux même relevant d’outils toujours plus sophistiqué. En France nous avons
encore une spécificité qui est d’offrir des diplômes de designers à Bac +3
ou Bac +4, c’est trop peu. Il faut que l’on harmonise la formation, sa
durée et son contenu et communiquer la patience de
l’apprentissage ! Pour
assister les jeunes Designers nous leurs proposons sur notre site des
conseils, des contrats types leurs permettant d’éviter les écueils d’un
départ à l’aveugle.
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IFD : d’un point
de vue pratique, à quoi sert l’AFD
?
B.L :
L’AFD « sert » à deux niveaux, celui des
institutions et celui du quotidien de la pratique du métier.
On peut
citer quelques « chevaux de bataille » :
porter l’écho auprès des instances requises des dysfonctionnements
constatés et des suggestions formulées par les adhérents — et ceux qui ne
le sont pas encore ; bénéficier de la reconnaissance des pouvoirs publics
en tant qu’interlocuteur légitime en termes de consultation et
d’expertise… À l’évidence, une profession n’est jamais aussi bien défendue
que par elle-même ! Pour les Adhérents c’est aussi une source
d’informations pratiques, d’adresses pratiques et aussi de tarifs réduits
pour des offres de
service.
IFD : peut-on
apprécier la valeur ajoutée du design dans l’économie
française ?
B.L. : On a
fait plusieurs recherches et il est vrai que nous ne possédons pas de
chiffre indiscutable mais en recoupant différentes statistiques nous
arrivons à un secteur remarquable. En France, environ 130 000
designers de toutes
disciplines développent un chiffre d’affaire d’environ 7 milliards d’euros
ce dernier chiffre correspondant finalement à la valeur ajoutée du
secteur. Ceci sans qu’une politique d’accompagnement au design soit mise
en place, sans un statut reconnu du métier de
designer… Par ailleurs, à l’échelon international, l’innovation et la
créativité du design français sont unanimement reconnues, c’est une autre
valeur ajoutée.
IFD : comment connaître mieux
la taille de votre
secteur ?
B.L. :
Notamment grâce au nouveau code Nace attribué au design, le 74.1. C’est un
code qui existe depuis Janvier 2008. Il regroupe l’ensemble des
professions du design. Nous souhaitons que soit mises en place les sous
divisions, 74.101 pour le design « produit », 74.102 pour le design «
communication », et 74.103 pour le design « intérieur/espace »
IFD : et vous
Bruno Lefebvre qui êtes-vous ?
B.L. :
Aujourd’hui, je crée des produits autant que je conseille sur la
stratégie. Mes différentes activités me permettent d’appréhender les
différents métiers du design qu’il soit intégré ou
non. Je
revendique notre rôle culturel et artistique que je n’oppose pas au côté
économique de notre profession.
Propos recueillis
par Anne-Marie
SARGUEIL
*L'Alliance
Française des Designers et l'Institut Français du Design vont organiser
ensemble des programmes d'accompagnement juridique destinés aux
designers.
www.institutfrancaisdudesign.com/Design_Campus/Accompagnement_juridique/index. htm
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