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Quelles sont aujourd’hui vos fonctions ?

Lead Designer, General Motors North America.

Quelles ont été les différentes étapes de votre parcours professionnel ?

Diplômé de l’ESAB (Ecole Supérieure d’Art de Brest) et de l’ENSAD (Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs) en design industriel, j’ai fait mes premiers pas de designer sous la tutelle de Thibault Desombre, puis comme designer indépendant à Shanghai en Chine.

Suite à ma nomination aux Janus du design 2002, j’ai émigré aux Etats-Unis, rejoignant l’équipe d’Anne Asensio chez General Motors. Après deux ans à travailler au développement des véhicules crossover GMC Acadia et Saturn Outlook, je me suis dirigé vers le Design Avancé afin de contribuer à une « Initiative Ecologique » dont le concept car Chevrolet Volt, voiture électrique, a été l’aboutissement.

Selon vous, quelles qualités personnelles faut-il développer pour exercer le métier de designer ?
Le métier de designer repose avant tout sur une aptitude à questionner non pas seulement l’objet au sens formel mais aussi sa fonction, sa sémantique, ainsi que son processus de développement. Comme tout métier créatif, le design  n’a pas de répertoire de méthodes. A un moment où la société évolue parfois plus vite que le produit lui-même, comme c’est le cas en Chine, il est primordial pour le designer de questionner ses outils afin d’en accroître l’efficacité et la pertinence.

L’objectivité est aussi un trait important. Le design repose partiellement sur une étude qualitative versus quantitative du marché. Il s’agit le plus souvent d’un ressenti, qu’il est nécessaire d’isoler de ses propres goûts et centres d’intérêts. Il est donc important de rester humble ; le designer doit s’effacer derrière la légitimité identitaire de l’utilisateur.

Considérez-vous que l’enseignement qui vous a été donné vous préparait bien à votre métier ?

Oui et non. L’ESAB et l’ENSAD sont deux excellentes écoles qui maîtrisent parfaitement leurs disciplines respectives. Cependant, c’est surtout par la synergie de ces deux démarches que j’aie pu prendre mes marques et affirmer par la suite une méthode plus personnelle. Ces deux enseignements m’ont permis d’associer pouvoir de création et pouvoir de conviction, notions capitales à une saine intégration de l’artiste dans le monde de l’entreprise.

Quelles améliorations pourraient y être apportées au profit des jeunes générations ?

Faciliter les échanges d’étudiants entre écoles à vocations différentes, parfois divergentes, me semble important, même si cela s’avère difficile à gérer d’un point de vue pédagogique et logistique.

Cette politique d’échanges est à même de stimuler la capacité d’adaptation et d’improvisation de l’étudiant, qualité aussi indispensable à l’exercice de notre métier. Dans le monde de l’industrie, Il est important de savoir lire et traduire rapidement les exigences d’un management en constant renouvellement.

Pour ces prochaines années, quelles aptitudes faudra-t-il particulièrement développer ?

Nous, designers industriels, devons embrasser notre responsabilité sociale en développant une éthique basée sur le respect de notre environnement, tant socialement que du point de vue écologique. Ceci passe aussi par la mise en place et le perfectionnement de nouveaux outils qui facilitent la communication entre les différentes disciplines travaillant sur le produit.

Il est important de souligner que le designer est avant tout un point de convergence au sein de l’entreprise.