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Sophie
Papiernik, la création en tête !
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À
l'occasion de "Design 9 / Joyeux anniversaires!",
Sophie Papiernik avait prêté à l'Institut Français du Design certaines de
ses créations pour célébrer les 160 ans du Prix de
Diane.
Pouvez-vous nous résumer votre parcours de
créatrice ?
De formation, je suis styliste. J’ai travaillé en tant que
créatrice de mode féminine dans différents bureaux de style et maisons de
couture. L’univers du chapeau et la très grande liberté de création qu’il
offre m’ont toujours fascinée.
Ma rencontre avec Anne-France Benett et mon apprentissage auprès de
Marie Mercié, une modiste de Saint-Germain-des-Prés, m’ont incitée à
m’initier à cet art et à créer ma griffe.
J’ai alors racheté du matériel de chapelière et me suis lancée dans
mes propres collections.
Quel est le point de départ de vos créations
?
Chaque élément de mon environnement et chaque rencontre peuvent
faire naître mon inspiration. La ville, un passant, un parfum, la
découverte d’une matière, mes rêves… je ne m’impose aucune limite
créative ! Les chapeaux ne connaissent pas de contraintes de
production puisqu’il s’agit de pièces uniques, en volume. Ils n’ont pas
l’obligation de répondre à l’exigence des podiums et permettent à la
fantaisie d’être débridée.
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De l’idée à la réalisation : comment crée-t-on un
chapeau ?
La mode du chapeau est une mode vivante, plus authentique que la
couture traditionnelle. La
saisonnalité est donc l’élément de départ de mes chapeaux. Vient ensuite
l’idée, la thématique (chaque année, à l’occasion du Prix de l’Arc de
Triomphe, je crée par exemple un modèle sur le thème du bestiaire) et les
dessins. Maintenant que j’ai constitué une équipe de création, je dessine
mes modèles avant de les remettre pour la confection entre les mains des
équipes de mon atelier. Découpe, broderie, couture et ornements
reproduisent avec fidélité mes idées. J’adapte ensuite chacun des modèles
aux demandes de mes clientes ou des événements qu’ils vont habiller, comme
les champs de course.
Justement, vos créations illustraient en décembre dernier les 160
ans du Prix de Diane dans notre exposition « Design 9 / Joyeux
anniversaires! »,
pensez-vous qu’il soit essentiel que les entreprises et
institutions se tournent vers la création
contemporaine ?
Absolument ! La création constitue un véritable moteur que ce
soit pour les marques ou pour les événements culturels ! L’art du
chapeau en particulier dynamise le monde de la course équestre et permet
de drainer un public plus jeune, non initié au turf. La tradition pour ne
pas tomber en désuétude a besoin de la création contemporaine et cette
dernière s’inspire des valeurs traditionnelles véhiculées par les marques
et événements. Les jeunes créateurs ouvrent de nouvelles perspectives tout
en s’inscrivant dans une lignée forte.
Le Prix de Diane par exemple résonne par son excentricité et son
élégance. Il attire aujourd’hui tant des amateurs de course que des
amoureux de l’élégance d’antan et je crois que mes chapeaux, que je pense
comme de véritables pièces vivantes, y contribuent.
Propos
recueillis par Alice Leparquois, Institut Français du
Design
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